12 août 2008
La chenille et la fée V)
On étala quelques feuilles sur le sol afin de protéger la chrisal'ide de l'humidité.Elle y fut déposée déicatement et les papillons voletèrent autour afin de délimiter la zone opératoire et de soustraire le regard à ce qui allait s'y dérouler.M Hanneton l'avait exigé ,ne voulant pas etre perturbé par une remarque ou le gémissement d'un spectateur.Il demanda à Dame Araignée de bien vouloir le rejoindre et bientôt ce fut le silence...
On entendait juste le bruit des pinces de M.Hanneton et on imaginait la séparation délicate des deux corps. On entendait un crissement et on voyait le fil de Dame Araignée passer délicatement dans
les chairs afin de recoudre les incisions...Allaient ils réussir l'incroyable? Allaient ils séparer sans dommage les deux êtres tant imbriqués?
Au bout de plusieurs heures de travail harassant éclairé par le soleil ,on entendit un "c'est fait" marmonné plutôt que prononcé par M Hanneton.L'agitation reprit mais le calme
revint bien vite dès que les papillons se furent éloignés.
Que de pitié à la vue qui s'offrait à tous! les deux êtres gisaient ,amputés de l'autre ,face à face ...Ainsi quand ils ouvriraient les yeux ils se verraient tout de suite ,avant de comprendre ce
qui leur arrivait...Chacun retint son souffle car le reveil semblait imminent.
Ce fut la Fée qui souleva en premier ses paupières.Quand elle vit la chenille ,ses yeux s'emplirent de bonheur encore plus immense quand ce fut au tour de la chenille de se
réveiller....Ils se contemplèrent ainsi longtemps ,longtemps......Silence parfait ...ils etaient encore dans leur chrisal'ide....Et puis ils voulurent remuer et là ,la réalité leur apparut dans
toute son horreur!! ils étaient séparés !!! A jamais!!! Jamais plus ils ne pouraient etre ensemble ! Jamais plus ils ne pourraient se regarder,butiner ,rire,profiter de la chaleur du soleil au
rytme de leurs mouvements d'aile!!! JAMAIS! JAMAIS PLUS!!! Alors ils crièrent leur désespoir à la lune qui venait de faire son apparition....Tout le monde autour d'eux était etreint par une
immense pitié ,des pleurs se joignaient à leurs supplications....Mais il n'y avait rien à faire.Il seraient amputés éternellement ,jusqu'à la fin de leur vie....
Soudain le sol se mit à trembler! On entendit comme des grands coups de masse s'abattre....Par endroits des failles apparaissaient ....De grands cris s'élevèrent de toute part...Que se passait il?
Des grondements accompagnaient chaque "bang,bang"...C'était de nouveau l'enfer!
Et bientot on la vit......Une masse énorme,blafarde ...Une tête démesurée sur un corps qui l'était tout autant! Des yeux rouges,fulgurants...Une bouche lippue ,dégoulinante de bave et d'écume...De
son corps suintait une sorte de liquide malodorant ,ses pattes énormes frappaient le sol en cadence comme pour mieux imprimer sa volonté...Elle se dirigea vers la pauvre forme qui gisait toujours
sur les feuilles...Certains s'enfuirent à son approche ,et comment leur en vouloir? D'autres se placèrent résolument entre la grenouille, transformée en une créature démoniaque ,et sa
proie.....Quelques uns y perdirent la vie ,écrasés par cette vision de l'horreur ...
Un coup de patte plus fort que les autres et vers l'endroit où se trouvait la chenille se créa une faille,une grande faille ...Tous crièrent de terreur!! La pauvre chenille se tenait en équilibre
au bord du gouffre ,un souffle la ferait basculer ...La fée supplia ,supplia ,de laisser la vie à son amour mais la grenouille dans un hurlement fait de rage et de folie poussa la chenille dans le
précipice et d'un même mouvement s'y laissa tomber.....La fée dans un effort désespéré rampa vers le bord et regarda au fond de l'abyss dans l'espoir de revoir encore une fois celui qui était tout
pour elle.Mais rien....le noir....le vide ....
Toute cette histoire commençait à faire beaucoup de victimes...Lumières scintillantes,musique légère,aérienne....Dans un tourbillon de couleurs et de sons un être apparut......"Toute cette horreur suffit! dit il d'une voix douce mais ferme ."Après délibération des puissances magiques et bienfaitrices qui règnent en ce lieu ,nous avons pris la décision d'achever la métamorphose de la fée en papillon.Assez de souffrances comme cela! Tout doit redevenir comme avant,un havre de paix et de beauté...Le temps arrangera l'aspect de ce jardin...Quant à la fée...."A peine avait il dit cela que s"éleva dans le ciel un papillon .....un papillon comme jamais on en avait encore vu...Au corps irisé mais les ailes..Oh les ailes!! ...Deux ailes grises ,ternes...."Elles prendront de la couleur au fur et à mesure du temps pour redevenir éclatantes quand la vie aura repris pleinement ses droits...Seul le temps et, pourquoi pas ,une future rencontre ,aura ce pouvoir...." Et la créature s"effaça.
On raconte encore beaucoup cette histoire au creux des nids ....Les petits écoutent avec attention la narration d'un si bel amour tué par la jalousie et la folie....Certains d'entre eux en rêvent :chez les enfants, le romantisme est si beau!
19 juin 2008
La chenille et la fée IV)
Aussitot qu'ils eurent perçu ce petit tac tac ,porteur d'espoirs, tous se mirent à vrombir ,battre des ailes dans une cacophonie épouvantable et joyeuse.Comme si le vent était complice et porteur
de cette nouvelle une nuée d'oisaux ,de papillons ,d'insectes en tout genre affluèrent vers le lieu de ce miracle...Le soleil repoussa les nuages dont il s'était servi pour se voiler la face et sa
chaleur vint inonder la chris-al'ide....On alla chercher un hanneton qu'on savait savant pour qu'il vint examiner le cocon dévasté.Tous voulurent savoir ,étaient même prêts au sacrifice pour
les sauver....
Le hanneton se pencha et très délicatement souleva les pétales de roses qui entouraient les amoureux ,se pencha pour écouter les battements imperceptibles :"chuuuuut" dit on de toute
part.Mêmes les mouches se taisaient.
On attendit longtemps ,trop pour certains, mais il fallait bien qu'il examina ces corps emmeles d'une si étroite et inextricable façon ,qu'il entende les petits sifflements qui
s'échappaient de leur poitrine.....Enfin il se redressa ,l'air grave Chacun retint encore plus son souffle...
"Hum Hum...." Ce furent les premiers sons qu'il exprima....C'est qu'il n'est guère loquace Monsieur Hanneton! Il ne fallait pas le presser,le laisser réfléchir.....Enfin il se lança....:
"je ne vois pas beaucoup d'espoir ....Les dommages sont très importants .Je ne suis pas sûr d'y arriver...."
"Arriver ? Mais ,arriver à quoi?" entendit on de toute part
"Et bien ,peut être qu'on pourrait tenter de les séparer et ainsi de donner sa chance à l'un d'entre eux....ils ont 2 têtes ,2 coeurs alors..."
"oui mais qu'une seule aile! "
Exact ....celui qui possède l'aile ne pourra plus jamais s'envoler...Est ce que le jeu en vaut la chandelle? Un papillon qui ne peut plus virvolter au dessus des fleurs pourra t il vivre? Et si
c'est l'autre qui survit comment fera t il? pas d'ailes ,pas de pattes...
Toute la nuit on débattit....et au petit jour on s'activa.....
18 juin 2008
La chenille et la fée III)
De toute part s'élevèrent des supplications! Assez! Assez!! Assez de tourmente,d'eau ,de grêle ,d'éclairs et de tonnerre!! Assez!
Un conciliabule dut se tenir parmi les forces maléfiques car un calme ,tres relatif cependant ,s'établit.De temps en temps un roulement de tambour venait rappeler que l'enfer pouvait se
redéchainer ......
De petits chuchotements ,des petits glissements parmi les herbes abattues ,des battements d'ailes dans l'air encore glacial....Mais que se passe t il?
Tous les habitants de ce jardin magnifique s'étaient réunis...Bourdons ,abeilles et vanesses,mésanges ,verdiers et autres moineaux, tous voulaient aller à la recherche de la
chris-al'ide.Tous! Et ils se mirent à chercher...Pas à pas,pattes à pattes plutôt....petit à petit...soulevant les magnifiques ancolies dont les pétales en forme de jupe s'étaient étalés sur le sol
,gorgés d'eau ..Passant le bec sous chaque corolle de rose ,se glissant sous les framboisiers arrachés ...Partout, partout ils cherchèrent ....Des jours entiers ...
Ce fut une petite abeille qui la trouva....Elle gisait sous une rose ....Tous se rassemblèrent autour ...Avec précaution deux bourdons la dégagèrent....Elle apparut alors pleine de terre, au
3/4 déchirée.....Les larmes aux yeux , les bourdons examinèrent l'interieur .....
C'était un spectacle terrible et magnifique .Les corps des deux chenilles avaient fusionné en un seul mais il était surmonté de deux têtes...Elles semblaient se regarder ,comme si au
dernier moment elles avaient voulu ne jamais se quitter ,même d'un seul regard....Se voir pour l'éternité....Ce qui arracha encore plus de pleurs ,c'est la métamorphose qui avait
commencé également au niveau des ailes.....Un côté était grisâtre ,comme poussiereux .L'autre ,une aile magnifique ,aux couleurs vives et presque brillantes etait en train de naitre...Couleurs
d'espoir,de vie ,de bonheur! Un vrai arc en ciel ! Du jamais vu!
Quatre petites abeilles, aidées de quelques papillons, déposèrent avec précaution la chris-al'ide martyrisée sur des pétales de rose qu'ils avaient tant aimées et s'envolèrent pour la confier
au creux d'un arbre.,loin de l'humidite du sol.
Tous s'etaient mis à l'ouvrage ..Les papillons battaient des ailes pour sécher la mousse ,les feuilles et les brins d'herbe apportés par les oiseaux ...Le cortège funeraire apparut et
silencieusement la chris-al'ide fut déposée au creux de ce petit nid,le seul nid qu'ils auraient....Tout était silence.....Meme les roulements de tonnerre s'étaient tus ,comme pour rendre un
dernier hommage.....
Et c'est ainsi que le faible frémissement d'aile put etre perçu......très faible .....presqu'inexistant mais il était là....et à bien à écouter ,le coeur aussi semblait résonner à tous petits "tac
-tac "..........
15 juin 2008
La chenille et la fée II)
Apparemment vous attendez une suite à cette petite histoire ...En voici une..Aura t elle une fin heureuse ? Comme dit Martine Orchidee ,une sans fin ,ne serait pas mal aussi........Le tout petit ecrivaillon que je suis n'en sait encore rien ,rien....
Trop de bonheur n'est pas admissible !Quelque part ,c'est derangeant! Alors il y a toujours, à un endroit donne, du sable pour y mettre son grain et enrayer la roue de la vie...
C'est sous la forme d'une grenouille que se manifesta ce grain de sable...Depuis longtemps elle vivait à cote de sa chenille .. Car pour elle ,pas de doute ,c'etait sa chenille! A elle,à elle toute seule! Que personne ne l'approche,que personne la touche!!! Une grenouille amoureuse d'une chenille c'est impossible,elle le savait .Mais qu'importe !!!
Et pourtant une chenille ,c'est fait pour s'envoler ,un jour,libre dans le ciel! Non?Un papillon ,c'est fait pour donner de la joie et du bonheur à ceux qui le regardent!! N'est ce pas?
Elle n'avait aucun espoir d'etre regardee .....En vain....Et elle multipliait les lamentations ....
Et puis ,un jour ,elle s'aperçut que sa chenille etait tombee amoureuse de quelqu'un d'une autre espece. Comment!!! Mais ce n'est pas possible!!! Pourquoi elle et pas moi???? .Alors son
sang ne fit qu'un tour! Nuit et jour elle arpentait le jardin ,cassait toutes les fleurs qui etaient sur son passage ,detruisait avec fureur ce qui avait fait la beaute édénique de ce jardin.Sa
rage ne connut plus de bornes quand elle s'aperçut que la Providence avait accede au desir le plus fort des 2 amoureux :Etre ensemble dans leur chris-al'ide.
Elle invoqua toutes les puissances infernales qu'elle connaissait.....Et une tempete ou bien un ouragan ou encore un typhon s'eleva. Je ne sais pas lequel est le plus fort!!! Melangez
les 3 et vous aurez une petite idee de ce qui se passait!
Le vent balayait tout sur son passage,faisait gemir les feuilles des arbres!Les magnifiques fleurs qui avaient fait le bonheur de nos 2 amoureux etaient arrachees,comme pietinees par un
troupeau!Plus de cassissiers,plus de famboisiers!!! Les oiseaux s'enfuyaient en criant ! Finis les tourtereaux qui se becotaient au sommet des arbres! Finies les mesanges qui voletaient dans cet
Eden! Le soleil s'etait cache ,le froid et l'obscurite regnaient ...........Les eclairs zebraient le ciel noir ! Le bruit et la fureur des elements faisaient un concert diabolique au milieu duquel
les hurlements de la grenouille en folie resonnaient!
Et notre chris-al'ide pendant ce temps?? Nul se savait où elle se trouvait! Dans une telle tourmente, pas moyen de la retrouver! Elle etait sans aucun doute déchirée ,le papillon en devenir mort
né....Comment ferait elle pour resister à autant de turbulences? Un petit cocon,c'est si fragile !Et un petit cocon au debut de sa formation plus encore !!! L'espoir ne regnait plus guere dans le
jardin....
L'écrivaillon arrete là pour le moment ......A bientot ,si vous le voulez bien...
13 juin 2008
La chenille et la fée I)
Il etait une fois ,car toutes les histoires commencent ainsi ,une petite fee qui veillait sur ses paturages....Un
jour ,se sentant à l'etroit elle s'envola bien loin pour tenter de vivre libre car toujours veiller ,etre toujours vigilante à ce que tout aille bien devient plus difficile au fur et à mesure que
les annees s'ecoulent....Les fees ont une grande resistance au temps qui passe ,c'est bien connu, mais il ne faut quand meme pas trop tirer sur les ailes....Fragiles!!
Elle voleta ,baguenauda et un beau jour de Juin arriva dans un magnifique jardin.Elle fut eblouie! Un soleil radieux luisait et faisait pousser plein de fleurs et de fruits...Elle s'y trouva si
bien qu'elle y retourna jour apres jour....Le soleil dardait ses rayons et il lui sembla que quelque part parmi les fleurs de ce luxuriant jardin se cachait un etre qui la regardait...Cette
impression devint si forte qu'elle se mit ,le coeur battant et les mains moites ,à chercher qui parmi les roses ou les ancolies,qui,parmi les cassissiers ou les groseillers se cachait aussi
soigneusement.Elle battit des ailes et ô bonheur elle l'aperçut.....C'etait une chenille...A peine un regard echange que les 2 ames se rejoignaient....Mais comment faire lorsqu'on est Fee et
chenille???
La Providence veillait sur ces 2 là....Ils s'etaient enfin trouves il ne fallait pas qu'il leur soit impossible de se rejoindre....Alors un enchantement fut cree....ils deviendraient tous les 2
chenilles ...Fini la Fee! Mais elle s'en moquait tant son bonheur d'avoir trouve son ame soeur etait grand.!!! ce bonheur valait bien tous les sacrifices !
Le plus possible, ils etaient ensemble ,vivant leur amour dans l'insouciance ,se chauffant aux rayon du soleil....Tout etait pretexte au rire,au chant,à l'echange..Ils decouvraient le monde....
Mais un jour il leur fallu se rendre à l'evidence....Le temps ,là aussi ,passait et il fallait penser à creer un cocon car petite chenille devient un jour ou l'autre papillon....Alors
elles supplierent pour pouvoir etre dans le meme cocon!! Tout pour ne pas etre separes! Cette grace leur fut accordee....Ils creerent leur chris-al'ide et y passerent des moments merveilleux de
complicite et d'amour...la fusion totale....ou presque.....
Suite ,si vous le voulez bien, dans quelques jours....Fin heureuse??? A l'heure qu'il est l'ecrivaillon qui a fait ce texte ne le sait pas encore.....
17 avril 2007
Un cauchemar
Voici qu'elle etait la consigne de Papier libre pour cette semaine
La vie n’est pas sans risque n’est-ce pas ? Nous tremblons tous !
Alors quels sont vos monstres ? Où se dissimulent-ils ? Faut-il les chasser ou bien les apprivoiser ?
Je vous propose d’écrire un texte partant d’une peur d’enfance ou bien d’une phobie qui ne vous lâche pas ou alors inventez vous une frayeur, un cauchemar !…insistez sur l’horreur que vous ressentez, dramatisez, exagérez !
Dans votre texte apparaitra la phrase suivante que vous conjuguerez à votre guise :
« Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. »(Extrait du Horla de Maupassant)
et voilà mon texte
Toute la journée les évènements s’étaient succèdes à une allure infernale. Pour commencer le réveil n’avait pas rempli son rôle et comble de bonheur les enfants étaient arrives tous ensemble et en avance ! J’étais engloutie sous les vêtements, les chaussures, les parents qui donnaient leurs consignes tous en même temps car il leur fallait vite partir au travail….Est ce que les petits avaient senti l’énervement des adultes ? En tout cas toute la journée les cris avaient succède aux cris, les colères aux colères. L’heure de la sieste avait été le seul moment de répit pour moi, tres court car le bébé s’était réveille bien avant les autres ….Le soir venu et tout le monde reparti dans ses pénates, je décidai de prendre un bon bain ,histoire de me détendre un peu. « Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. » Le cauchemar épouvantable était revenu cette nuit là. Depuis des années je faisais le même à quelques variantes près…je marchais sur un sentier assez escarpe borde d’arbres de toute part. Le soleil dardait ses rayons et la fatigue s’installait .J’avais soif, la sueur inondait mon corps et le sang battait douloureusement à mes tempes. Soudain, un faux pas, ma cheville qui se dérobait et je tombais dans le lac que bordait le chemin. Aussitôt une panique inimaginable s’emparait de moi. Je battais des pieds et des mains pour tenter de rester à la surface mais les efforts désordonnes ne faisaient que m’enfoncer davantage. Les algues et les herbes s’enroulaient autour de mes chevilles pour m’entraîner sous l’eau ! Je ne raisonnais plus, mon cœur battait à grands coups précipites et ma bouche restait ouverte en un cri à la manière de Munch ! L’eau sale, boueuse s’y engouffrait et je l’avalais sans relâche dans le vain espoir de pouvoir respirer. Mon nez lui-même finissait par être envahi de minuscules particules de terre : je suffoquais ! Mon cerveau prive depuis trop longtemps d’oxygène commençait à m’envoyer des signaux bizarres. Je voyais des éclairs lumineux rouges, des silhouettes sans forme réelle m’entourer,des mains aux doigts démesurément longs se tendre vers moi et tenter de me toucher…Plus ils approchaient, plus je cherchais à m’en éloigner et plus l’angoisse me serrait la gorge. Je savais qu’il me fallait partir, fuir au plus vite pour ne pas être entraînée dans un monde dont je ne reviendrais jamais !!! Mais comment faire ? Tout, autour de moi ,devenait noir et seul le fond du lac semblait nimbe d’une étrange couleur attirante … Invariablement mes pieds touchaient le sol visqueux, spongieux et dans un dernier sursaut désespéré j’en tapais vigoureusement la surface et le miracle se produisait. Je remontais à l’air libre , toussant et crachant mais vivante… Mais cette fois là, le réveil ne se passa pas comme prévu. Quelque chose m’avait certes sortie de cet enfer mais pour mieux me precipiter dans un autre…Quelque chose était entre par ma fenêtre laissée entrouverte, quelque chose qui se déplaçait sans faire de bruit .Pas encore remise de mon cauchemar je n’osais bouger….Mon esprit embrumé tentait de savoir qui avait bien pu pénétrer chez moi …Et soudain à la faveur d’un rayon de lune, je compris : Un soulagement indescriptible m’envahit alors et les émotions jusque là jugulées explosèrent en un torrent de larmes et de hurlements de rire. Le chat du voisin responsable de cette intrusion, surpris par ce déferlement de décibels miaula sa désapprobation et bondit gracieusement hors de l’appartement.
08 avril 2007
Armande II)
Certains d'entre vous desiraient une suite au texte que j'avais fait d'apres les consignes de Papier libre...La voilà ou du moins c'est une 1ere suite....Vous voulez que je continue ou vous demandez que cesse le carnage ?? lol
Armande avait loue une petite chambre avec vue sur le lac. Comme elle l’avait fait il y avait 40 ans .Elle posa ses bagages sur le petit guéridon qui faisait face au lit recouvert d’un boutis fleuri. La chambre était décorée dans les tons jaunes, les fenêtres encadrées de doubles rideaux aériens. Toute la pièce respirait un air de tranquillité, de sérénité, exactement ce dont elle avait besoin actuellement. Elle alla sur le petit balcon. « A quoi penses tu » avait elle demande ? Ils se tenaient l’un contre l’autre heureux par la simple proximité de leurs corps. L’aube. Toute une nuit pour engendrer les souvenirs mais ils ne le savaient pas encore. Toute une nuit .et ils étaient là, frissonnants dans le petit matin et encore pleins des sensations sans cesse renouvelées. Il leur avait semble que jamais ils ne seraient rassasies l’un de l’autre ,que leur cœur et leur corps leur demandaient toujours plus comme s’ils savaient eux,par un instinct étrange ,que ce serait leur seul moment. « Viens » lui avait il dit .Il l’avait prise par la main .De l’autre il avait attrape son matériel de peintre .Et il l’avait entraînée par un sentier borde d’arbres. « Installe toi » lui avait il demande avec un sourire. Ils étaient arrives en haut d’un promontoire qui surplombait le lac. Et bientôt il l’avait oubliée, tout concentre qu’il était à saisir l’essentiel qui se trouvait devant lui : la luminosité, la douceur de la peau d’Armande illuminée par le soleil qui se levait.les reflets dans ses longs cheveux noirs, la lueur heureuse et encore pleine de langueur qui dansait dans les yeux myosotis. Tout en elle respirait le bonheur d’aimer et d’être aimée ! 20 ans et lui 40. 20 ans d’écart qui semblaient disparaître dès lors qu’ils se regardaient.
29 mars 2007
Armande
il y a quelque temps j'ai ecrit un 1er texte en suivant la consigne du blog d'ecriture"papier libre".J'ai ose reiterer ....Le but du jeu etait d'employer les mots suivants:
Armande
Lac d'Annecy
tableau
train
debut de matinee

Armande se tenait bien droite sur son siège. Les cheveux grisonnants et les rides qui commençaient à lui marquer le visage ne pouvaient dissimuler l’extrême beauté de ses traits .Ils avaient garde leur finesse et ses yeux couleur myosotis étaient aussi vifs qu’il y a 40 ans.
Pour le moment, cependant, ils étaient comme voilés, voilés par le souvenir. « Souvenir, souvenir, que me veux tu ? » dit le poète.
C’était un beau début de matinée. Le soleil se levait et nimbait les montagnes entourant le lac d’Annecy d’une lumière douce. L’eau pure et claire en reflétait les rayons et miroitait légèrement. Armande apercevait des voiliers
par la fenêtre de son wagon .Tout paraissait calme et serein.
Les souvenirs remontaient à l’assaut de son esprit au fur et à mesure que le train avançait…. Là, un bateau, ici, un sommet de montagne, un versant abrupt plongeant dans le lac.
Tout avait commence banalement. Un sentier de randonnée au petit matin .Elle avait 20 ans, tout juste 20 ans. Elle était pleine de jeunesse ardente, d’espoir. Elle semblait danser en marchant. La vie lui souriait et elle lui souriait
Au détour d’un chemin elle avait découvert un homme qui se tenait face à un chevalet et qui lui tournait le dos. Sans raison, elle avait senti son cœur s’affoler. Prête à battre en retraite, elle fit sans doute un peu de bruit et l’homme se retourna…Comme dans les romans de gare, tout sembla se figer autour d’elle. .Le silence lui-même se fit cotonneux…Plus rien ne comptait que les yeux bleus de cet homme, son visage…et lui, ils devaient en rire plus tard, demeurait le pinceau en l’air, incapable semblait il de faire le moindre mouvement….Et puis tout sembla reprendre petit à petit sa place, les oiseaux recommencèrent de chanter, l’eau de clapoter, le soleil de luire…
C’est ainsi qu’elle fit la connaissance de celui qui serait l’amour de sa vie.
Armande cligna des yeux .Elle en chassa les souvenirs .Plus tard ! Pour le moment elle devait se concentrer sur son objectif : Elle devait convaincre que cet héritage, ce tableau, était important pour elle ! Pour le souvenir de son amour perdu .Qu’importait pour elle qu’il fut d’un peintre célèbre ! Il avait été fait pour elle, c’était elle qui en était l’inspiratrice, le modèle. Il était bien à elle et à personne d’autre ! « Elle se battrait pour pouvoir le conserver » se disait elle au fur et à mesure que le train l’entraînait vers Annecy.
07 mars 2007
1er essai
J'ai decouvert un blog "papier libre" qui propose d'ecrire un texte à partir de mots ,de tableau etc.....Exercice difficile mais qui m'a provoque une envie furieuse de mettre sur papier une histoire à partir du tableau de Hopper propose comme point de depart.
C'est une 1ere pour moi....
La porte s’est ouverte avec un léger tintement. Dans l’encadrement elle se tenait là, immobile, comme hésitant à entrer. Un pas puis deux la firent entrer dans le café. D’un pas peu assure, légèrement chancelant elle se dirigea comme une automate vers la table du fond, indifférente aux regards qui la dévisageaient. Elle s’y laissa glisser, les épaules courbées sous le poids d’une immense douleur, d’une immense solitude. Quand un expresso lui fut apporte, elle tint la tasse sans la porter à ses lèvres, perdue dans ses pensées. Elle était belle, mais semblait n’en avoir cure. « Ne me regardez pas, laissez moi » criait tout son corps sangle dans son manteau. Le chapeau lui-même, pourtant d’une couleur pleine de vie, faisait comme une camisole autour de son visage blême.. Elle resta longtemps immobile pendant que son café refroidissait dans la tasse.. Les bavardages interrompus par son arrivée avaient repris mais plus sourds comme si les personnes présentes voulaient la laisser dans un léger brouhaha ,comme pour lui dire qu’ils étaient de tout cœur avec elle,qu’ils voulaient lui donner de la douceur et la ramener un peu à la vie…
Et puis elle sembla prendre son souffle, se releva et se dirigea vers la sortie. « Merci » dit elle d’une voix douce et un peu rauque. « Merci » dit elle avant de franchir cette porte qui faisait face au cimetière du village. Ce petit mot était le seul qu’elle prononçait, le seul que la patron du cafe entendait de sa bouche depuis 4ans :.Quand elle venait chaque 1er Décembre sur la tombe de son mari et de sa fille morts dans un accident de voiture.


